À la souscription d’un contrat d’assurance-vie ou d’un plan d’épargne retraite (PER), l’assureur remet un document que peu d’épargnants lisent réellement : la liste des unités de compte éligibles au contrat. Sur les contrats haut de gamme, elle peut dépasser la centaine de pages et référencer plusieurs centaines de supports — fonds actions, obligataires, monétaires, immobiliers, voire non cotés. Ce document réglementaire, souvent perçu comme un simple formalisme, est en réalité une mine d’informations pour qui sait le décrypter.

Unité de compte : de quoi parle-t-on ?

Contrairement au fonds en euros, dont le capital est garanti par l’assureur, une unité de compte (UC) est un support d’investissement dont la valeur fluctue à la hausse comme à la baisse. L’assureur ne garantit que le nombre de parts, jamais leur valeur. En contrepartie de ce risque, les unités de compte donnent accès aux marchés financiers et immobiliers, avec un potentiel de rendement supérieur sur le long terme.

Derrière chaque ligne de la liste se trouve un véhicule précis : le plus souvent un FCP (fonds commun de placement) ou une SICAV, mais aussi des supports immobiliers (SCPI, SCI, OPCI) et, de plus en plus, des fonds de capital-investissement (FCPR) donnant accès au non-coté.

Les colonnes qui comptent vraiment

Pour chaque support, la liste réglementaire fournit des informations normalisées. Quatre d’entre elles méritent une attention particulière.

Le profil de risque. Noté de 1 à 7 selon l’indicateur européen SRI, il synthétise la volatilité du support : 1 pour un fonds monétaire, 6 ou 7 pour des actions sectorielles ou émergentes. À noter : la réglementation restreint l’accès aux supports risqués pour certains souscripteurs — les épargnants de plus de 85 ans et les majeurs protégés sont généralement limités aux profils 1 à 2, sauf accord spécifique.

Les frais de gestion du support. Ils varient considérablement d’un fonds à l’autre : sur une liste type, on observe des frais allant de moins de 0,1 % pour un fonds monétaire à près de 4 % pour certains fonds spécialisés, avec une moyenne autour de 1,5 %. Ces frais s’ajoutent aux frais de gestion du contrat lui-même : un écart de 1 % par an représente, sur vingt ans, une différence de capital final de l’ordre de 20 %.

L’indice de référence. Il indique ce que le fonds cherche à battre — ou à répliquer. Un fonds sans indice de référence relève d’une gestion de conviction, plus difficile à évaluer.

La classification extra-financière. Depuis le règlement européen SFDR, chaque fonds est classé « article 6 » (pas de démarche durable particulière), « article 8 » (promotion de caractéristiques environnementales ou sociales) ou « article 9 » (objectif d’investissement durable). Les labels — ISR, Greenfin, Finansol — apportent une certification supplémentaire. Sur une liste récente que nous avons analysée, environ un support sur six bénéficie du label ISR : l’offre durable progresse, mais reste minoritaire.

Le DIC, réflexe indispensable avant tout arbitrage

Pour chaque unité de compte sélectionnée, l’assureur doit remettre le document d’informations clés (DIC) : trois pages normalisées présentant l’objectif du fonds, ses scénarios de performance, ses frais complets et son horizon de placement recommandé. C’est le document à exiger — et à lire — avant tout versement ou arbitrage, bien plus digeste que le prospectus complet.

Une liste n’est pas une allocation

Disposer de centaines de supports ne constitue pas une stratégie. La vraie question n’est pas « quel fonds choisir ? » mais « quelle allocation construire ? » : répartition entre fonds en euros et unités de compte selon votre horizon, diversification par classe d’actifs et zone géographique, cohérence avec votre sensibilité au risque et vos projets. Certaines options de gestion — mandat d’arbitrage, allocation déléguée — donnent d’ailleurs accès à des supports supplémentaires réservés, en contrepartie d’une gestion accompagnée.

C’est précisément le rôle de notre conseil en gestion de placements : transformer une liste de supports en stratégie d’investissement cohérente, suivie dans le temps et ajustée à chaque étape de votre vie patrimoniale. Parlons-en.

Article d’information à caractère pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement ni une recommandation personnalisée. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital.

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