Début 2025, l’émergence du modèle d’intelligence artificielle chinois DeepSeek avait provoqué un choc sur les marchés. Certains y voyaient la preuve que la Chine pouvait désormais rivaliser avec les États-Unis ; pendant quelques semaines, les valeurs technologiques chinoises ont retrouvé la faveur des investisseurs et le récit d’un rééquilibrage mondial a semblé crédible. L’analyse sur longue période conduit pourtant à une conclusion inverse.
Depuis 2021, tous les grands noms chinois reculent
Le bilan est sans appel : depuis le 1er janvier 2021, tous les grands groupes technologiques chinois affichent des performances négatives. Alibaba a perdu près de la moitié de sa valeur, Baidu plus de 50 %, Tencent environ 15 %, Xiaomi près de 10 %. Sur la même période, Nvidia, Alphabet ou Broadcom voyaient leur capitalisation se multiplier.
Trois facteurs pèsent durablement sur les champions chinois : le durcissement réglementaire engagé par Pékin en 2020, les restrictions américaines sur les semi-conducteurs avancés, et un environnement domestique moins porteur. L’écart de taille devenu vertigineux le résume : selon une grande banque d’affaires, les dix premières valeurs technologiques chinoises pèsent environ 1 600 milliards de dollars, contre près de 19 000 milliards pour les sept premières américaines. Autrement dit, Nvidia à elle seule vaut plusieurs fois l’ensemble des BATX cotés.
Une compétition réelle, mais asymétrique
Faut-il en conclure que la Chine est sortie de la course ? Non. Ses progrès dans les modèles d’IA sont réels, ses investissements publics massifs, et certains analystes anticipent encore une hausse d’environ 20 % des actions chinoises en 2026. La Chine progresse vite sur certains segments — modèles, applications, robotique.
Mais la dynamique révèle une asymétrie essentielle : les États-Unis conservent une avance considérable en profondeur financière, en valorisations, en accès aux capitaux et en capacité à industrialiser leurs innovations. Le débat n’oppose plus une Amérique dominante à une Chine absente, mais une puissance qui consolide son avance à un concurrent qui réduit son retard sans encore modifier l’équilibre global. Les tensions commerciales — jusqu’aux récentes restrictions américaines sur l’importation de robots avancés fabriqués à l’étranger — montrent d’ailleurs que Washington entend défendre cette avance par tous les moyens.
La leçon pour l’épargnant français
L’épisode DeepSeek illustre un piège classique de l’investissement : confondre une percée technologique avec une opportunité boursière. Une innovation spectaculaire ne se traduit pas mécaniquement en création de valeur pour l’actionnaire — surtout dans un environnement réglementaire et géopolitique défavorable. Inversement, écarter définitivement un marché de 1 400 milliards de dollars au motif de ses déboires passés serait tout aussi simpliste : à des niveaux de valorisation déprimés, la sélectivité peut redevenir payante.
C’est toute la difficulté de la diversification internationale : elle ne consiste pas à acheter « un peu de tout partout », mais à comprendre ce que l’on détient réellement — position dans la chaîne de valeur, exposition réglementaire, devise, gouvernance. Un travail d’analyse que nous menons pour nos clients dans le cadre de notre conseil en gestion de placements, depuis Perpignan. Pour examiner la part internationale de votre portefeuille, contactez-nous.
Analyse de marché à caractère informatif. Elle ne constitue pas un conseil en investissement ni une recommandation personnalisée. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
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